Les amis de Philippe Sollers

Association des amis de Philippe Sollers

Même si Tel Quel s’était constitué en groupe, Philippe Sollers n’a appartenu à aucune école et n’a pas fait école. Il était, pour le documentariste André S. Labarthe, L’Isolé absolu.

Le film portant ce titre commence ainsi : « Voici le plus reconnu et le plus combattu, le plus sollicité et le plus secrètement haï, le plus turbulent et le plus gênant, le plus incontrôlable donc le plus intolérable, bref le moins localisable des écrivains contemporains. Qui est Philippe Sollers ? Prenons un livre et suivons les lignes. »

A sa mort, Yannick Haenel, l’un de ceux qu’il a encouragés et publiés, évoquait sa « grande solitude ».

Tout cela est juste.

En dépit des clichés dans lesquels on a tenté de l’enfermer pour ne pas le lire, Sollers a su, dans ses différents moments de création – celui qui va jusqu’à Paradis et celui qui commence avec Femmes – montrer comment peut se déployer une œuvre, comment elle rassemble et transmet.

Dans ses revues, Tel Quel, puis L’Infini, dans sa collection, il a accompagné des auteurs de plusieurs générations, il a repéré des talents nouveaux. Pendant dix-huit ans, chaque mois, il a fait redécouvrir le patrimoine littéraire français aux lecteurs du Monde, en le traitant d’une manière non muséale, vivante, actuelle. On retrouve ces textes dans les quelque 4000 pages de ses essais critiques, qui prouvent à tous à quel point il a su comprendre et admirer.

Josyane Savigneau

La grande solitude de Philippe Sollers

Philippe Sollers est le plus inconnu des écrivains célèbres. Il a suscité, en soixante-cinq ans de publication, tant de haine et d’amour à la fois, tant de rage hystérique et d’admiration confusionnelle, que le malentendu autour de son nom a pris forme d’énigme.